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Les pleurs de décharge : pourquoi mon bébé pleure-t-il ?


Saviez-vous qu'un bébé de 2 mois peut pleurer en moyenne de 2 à 3 heures par jour, malgré son temps d'éveil limité à seulement 4 à 8 heures ? Les pleurs de décharge peuvent avoir diverses significations et les pleurs du nourrisson sont un sujet complexe, parfois difficile à appréhender. Dans cet article, nous explorerons la signification des pleurs de décharge, les particularités des pleurs du nourrisson et les méthodes apaisantes pour aider les parents à mieux comprendre et soutenir leurs petits.


Sommaire


Un bébé présente des pleurs de décharge le soir

En quoi consistent les pleurs de décharge ?


Les pleurs : émotion connue et reconnue par tous les parents. Le premier pleur de bébé est guetté par les parents comme signe de vie. Puis, plus les jours et les mois passent, plus ils sont parfois difficiles à comprendre, à entendre, à consoler. Mais alors que signifient-ils vraiment ?


Les pleurs pour un bébé sont son seul moyen d'expression et, sans eux, il ne pourrait pas survivre. Et oui, à la naissance, un bébé exprime ses besoins principalement à travers ses pleurs. Ils lui permettent de faire venir la figure d’attachement (la personne qui prend le plus soin de lui) afin qu’elle puisse répondre à ses besoins. Les pleurs de bébé ont une fréquence sonore particulièrement élevée qui va provoquer chez le parent un état de stress. Et parfois, la personne qui s’occupe le plus de bébé peut se sentir envahie par les pleurs et peut ressentir de vraies difficultés à les supporter.


Quand apparaissent les pleurs de décharge ?


C'est au cours des trois premiers mois de sa vie que bébé pleure le plus et c'est tout à fait normal. Dès la deuxième nuit, appelée aussi "nuit de la Java", bébé va beaucoup pleurer. Ce pic de pleurs lui permet de décharger le stress de la naissance et de la prise de connaissance de son nouvel environnement. Il permet également la mise en place de la lactation car en pleurant fréquemment, la maman mettra spontanément son bébé au sein. Et les tétées fréquentes favorisent la montée de lait.


Autour de la 3ème semaine de vie, bébé pleure davantage en fin de journée, entre 17h et 22h. C'est le début des "pleurs de décharge". Bébé évacue tout le stress emmagasiné pendant la journée.


Puis, à environ 2 mois de vie, c'est une période pendant laquelle bébé va pleurer le plus avec en moyenne 2 à 3 heures de pleurs par jour mais certains bébés peuvent pleurer jusqu’à 5 à 6 heures (bébés aux besoins intenses "BABI" ou avec un reflux gastro-œsophagien par exemple). Bébé pleure davantage puisqu’il change de rythme éveil/sommeil et se cale sur un rythme jour/nuit (rythme circadien). Il est probable que bébé pleure également davantage lors des pics de développement.


Et puis, aux alentours de 12 mois, bébé pleure moins (environ 1 heure cumulée par jour). Et à ce stade, les parents ont appris à le connaître, à trouver des techniques pour l’apaiser et répondre à ses besoins.


Quelle est l'origine des pleurs de décharge ?


Connaître l'origine des pleurs peut aider les parents à mieux les appréhender. Si tous les besoins physiologiques du bébé ont été assouvis c’est-à-dire qu’il a mangé, que sa couche est propre, qu’il n’est pas fatigué et qu’il n’y a pas de raison apparente aux pleurs, bébé a peut-être simplement besoin de vous, de vos bras. Faites-vous confiance. Et il est tout à fait normal de ne pas toujours comprendre les pleurs de son bébé surtout les premières semaines.


Doit-on laisser pleurer bébé ?


On entend beaucoup d’injonctions diverses et variées, « laisse-le pleurer sinon il sera dépendant », « ne le laisse pas pleurer, c’est mauvais pour son cerveau », « laisse-le pleurer ça lui fera les poumons » (phrase favorite des grands parents). Mais alors que faire ? Que nous disent les dernières recherches en neuropsychologie ?


Lorsque le bébé pleure, cela libère une hormone de stress : le cortisol. A forte dose et de façon répétée, le développement du cerveau est impacté, pouvant aller jusqu’à des pertes neuronales. Si la figure de soin de l'enfant ne répond pas à ses pleurs et ce, de manière habituelle, il s'arrêtera de pleurer au bout d’un moment, non pas parce qu’il s’habitue ou qu’il a compris mais parce que son cerveau se met en veille pour se protéger. Et oui, un bébé ne pleure jamais pour manipuler. Son cerveau n’en a pas la capacité avant l'âge de 6 ans ! Quant à la maturation du cerveau des émotions, elle arrive entre 25 et 30 ans.


Si les parents n'interviennent pas en réponse à ses pleurs, le bébé apprend qu’il ne peut pas compter sur eux. En effet, le seul moyen de faire baisser son niveau de stress est la présence bienveillante des parents. Grâce aux câlins, au portage, une hormone particulière est sécrétée. Il s'agit de l’ocytocine : l’hormone du bonheur, de l’amour ou de l’attachement. Elle permet de diminuer le niveau de stress, le rythme cardiaque et la respiration.


Cela ne signifie pas qu’un bébé ne va jamais pleurer puisque, comme évoqué plus haut, c’est son seul moyen d’expression avant l’acquisition de la parole. Mais c’est la façon dont l’entourage va l’accompagner qui compte. Lorsque bébé pleure dans les bras, l’hormone de stress se diffuse en moins grande quantité puisque la présence de son parent le rassure et lui montre qu’il peut compter sur lui pour exprimer et accueillir ses émotions.



Un bébé se sent apaisé après des pleurs de décharge.

Que faire si bébé ne s'apaise pas ?


Parfois, il n’est pas possible de le prendre dans les bras de suite (autre enfant, douche, préparation du repas,…). Vous pouvez alors essayer de l’apaiser d’une autre manière comme en lui parlant doucement pour lui expliquer la situation, en le regardant, en lui chantant une chanson, … L’important est de ne pas ignorer ses pleurs.


Mais parfois, en tant que parent, lorsque les pleurs sont fréquents et/ou durent longtemps, qu’on n’arrive pas à le calmer, il est difficile d’être là pour lui. On peut se sentir dépassé(e), épuisé(e), au bord de l'implosion. Dans ce cas, si possible, il faut passer le relais au conjoint, à un parent, à une personne de confiance.


Si vous êtes seul(e), il est préférable de poser bébé en sécurité dans son lit, lui dire que vous avez besoin de respirer un moment et que vous revenez vite puis d’aller prendre l’air quelques minutes, de crier, de pleurer ou écouter une musique qui vous fait du bien … Vous reviendrez plus serein(e) pour continuer à l’accompagner. Parce que oui, idéalement, il ne faut pas laisser pleurer seul mais si cela arrive de temps en temps, ce n’est pas grave. C’est lorsque bébé pleure seul régulièrement que cela devient nocif pour lui.


Prévention : le syndrome du bébé secoué


Il sera toujours préférable de laisser votre bébé pleurer seul dans un endroit sécurisé que de le garder avec vous jusqu'au point de craquer. Le syndrome du bébé secoué peut toucher tous les parents et provoque malheureusement des séquelles irréversibles et graves chez les bébés et peut aller jusqu’au décès. Les personnes qui secouent le bébé ne le souhaitent pas mais leur cerveau, d’une certaine manière, se déconnecte face aux pleurs de l'enfant devenus insupportables pour eux. Elles sont submergées par les pleurs et n’arrivent plus à gérer ce niveau de stress.


Conseils et astuces pour apaiser bébé.


  • Répondre à son besoin si vous l’avez identifié ;

  • Le prendre dans les bras, lui parler calmement, le bercer ;

  • Faire du peau à peau ;

  • Faire du portage ;

  • Lui chanter une chanson, écouter de la musique, danser avec lui ;

  • Sortir se promener ;

  • Lui proposer un bain enveloppé ou une douche dans vos bras ;

  • Lui proposer une tétée ou une tétine ;

  • Lui faire un massage.


Une chose est sûre, vous pouvez vous faire confiance face aux pleurs de votre bébé. C’est vous qui le connaissez le mieux et surtout n’hésitez pas à passer le relais si vous en ressentez le besoin. Prenez soin de vous pour pouvoir prendre soin de votre bébé. Accordez-vous du temps pour vous seule, au moins 10 minutes par jour.


Que faire si les pleurs vous semblent anormaux ?


Si la durée et l'intensité des pleurs de votre bébé vous semblent anormales, vous pouvez prendre RDV avec son médecin ou son pédiatre pour en discuter. Il vous donnera des pistes de compréhension. En complément, vous pouvez également aller voir un ostéopathe. Vous pouvez aussi contacter une accompagnante OH MAMA CARE pour qu’elle vous apporte du soutien, vous rassure et chemine avec vous pour trouver des solutions.


L’important est de ne pas rester seul(e) avec les pleurs de son bébé. Vous pouvez appeler :

  • Le numéro vert de Allô Parents-Bébé au 08.00.00.34.56 du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 14h et 18h

  • Allô Enfance en Danger au 119 c’est 24h/24 et 7jr/7. On ne le sait pas toujours mais ce numéro peut aussi être appelé quand les parents rencontrent de grandes difficultés et sont à bout.

Ces 2 numéros sont gratuits et préservent l’anonymat.


Échanger avec une personne formée peut énormément vous aider à faire baisser la pression, à vous éclairer, à vous aider à voir les choses d’une autre manière et à trouver des solutions concrètes et rapides.



En conclusion, il est tout à fait normal que votre bébé pleure, car c'est sa principale forme de communication à cet âge. Il peut y avoir des périodes où les pleurs sont plus fréquents. Dans de tels moments, il est important de l'accompagner autant que possible, mais n'hésitez pas à demander de l'aide ou à passer le relais si cela devient trop difficile. Assurez-vous également de mettre votre bébé en sécurité et de changer d'environnement si nécessaire.


Prendre du temps pour vous est essentiel, donc envisagez de planifier des moments de détente en vous accordant des rendez-vous personnels. Vous pouvez même utiliser une alerte sur votre téléphone pour ne pas les oublier. Entourez-vous de personnes de confiance qui pourront vous soutenir durant les périodes les plus difficiles. Enfin, souvenez-vous que même lorsque vous avez l'impression de ne jamais vous en sortir, ces moments finiront par passer. Gardez espoir et sachez que vous êtes capable de traverser cette période avec votre bébé.


Articlé rédigé par Pauline Picquet – Accompagnante postnatale à Nantes (44).


Retrouvez Pauline sur Instagram @pauline.anous3

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