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Frein de langue restrictif : symptômes, allaitement, sommeil et prise en charge pluridisciplinaire

Dernière mise à jour : 20 juin 2023


Dans cet article, découvrez les freins de langue et les freins restrictifs buccaux, ainsi que leur impact sur le bien-être de votre bébé. Ces conditions peuvent causer des difficultés d'allaitement, perturber le sommeil, retarder la diversification alimentaire, et entraîner des tensions et des pleurs. Il est crucial d'identifier ces problèmes le plus tôt possible pour bénéficier d'une prise en charge adaptée. Apprenez-en davantage sur ces conditions et découvrez comment elles peuvent affecter votre bébé afin de mieux comprendre l'importance d'une intervention précoce.


Sommaire :



Une accompagnante postnatale analyse les freins de langue et les freins restrictifs buccaux d'un bébé.


Comprendre le frein de langue restrictif et ses manifestations


Nous possédons tous des freins. Le frein de langue est une membrane semblable à un « filet » qui permet de retenir la langue et de faciliter les mouvements dans la bouche. Il existe aussi :

  • le frein de lèvre qui permettent de maintenir les lèvres de la bouche à la mâchoire ;

  • les freins de joues qui, quant à eux, permettent de relier les joues à la mâchoire.

On parle de freins restrictifs lorsque ceux-ci sont dits trop courts entraînant ainsi des restrictions buccales et des problèmes de mobilité de la langue, des lèvres et des mâchoires. Dans certains cas, cela peut être héréditaire et génétique, en lien avec un mauvais codage (gêne MTHFR).


Impact sur l'allaitement : problèmes de succion et de digestion


Un bébé qui présente une problématique de frein restrictif lingual et/ou labial ne parvient pas à ouvrir correctement la bouche. Il ne peut pas non plus placer sa langue et ses lèvres de manière à avoir une succion optimale. L'étanchéité bouche/sein n’est pas possible. De l’air peut être avalé durant la tétée, avec plusieurs effets :

  • des gaz ;

  • des rots fréquents ;

  • un inconfort digestif ;

  • des selles vertes.

Le bébé qui ne prend pas correctement le sein en bouche peut être une cause d’un réflexe d'éjection fort (REF). Il peut être contraint d’avoir une succion plus forte pour maintenir le sein en bouche. Ce qui renvoie au cerveau un message de production de lait, entraînant parfois une surproduction et une hyperlactation.



Signes chez le bébé : étouffement, claquement de langue, poids, etc.


Ceci n’est pas une liste exhaustive, mais on retrouve certains de ces signes chez les bébés gênés par des freins restrictifs :

  • bébé qui s’étouffe souvent lors de la tétée ;

  • du lait coule durant la prise au sein ;

  • bébé lâche souvent le sein ;

  • bébé se tortille, a des gaz, des selles vertes ;

  • Il tête peu longtemps mais très souvent ou au contraire ne tête pas suffisamment en raison de l’effort qu’il doit faire pour téter ;

  • sa bouche est peu ouverte sur le sein, il prend le bout du sein ;

  • les lèvres ne sont pas retroussées sur le sein, la langue ne ressort pas sous le mamelon ;

  • claquement de langue durant la tétée ;

  • cloque de succion apparentes sur les lèvres ;

  • dépôt de lait sur la langue ;

  • respiration bruyante allongé ;

  • cassure dans la courbe de poids.


Effets sur la maman allaitante : crevasses, hyperlactation, difficultés d'allaitement.


Encore une fois, il ne s’agit pas d’une liste exhaustive, mais on retrouve souvent ces signes :

  • crevasses, douleurs, vasospasme ;

  • hyperlactation, écoulement de lait très fréquents, jet en cours de tétées si bébé lâche le sein ;

  • ou, à l’inverse, baisse de lactation car bébé ne stimule pas suffisamment le sein du fait d’une succion inefficace ;

  • engorgement ;

  • difficultés à mettre bébé au sein.


Liens entre le frein de langue restrictif et les troubles du sommeil chez le bébé


Un bébé présentant une problématique de frein restrictif peut souffrir de troubles du sommeil. Il peut avoir :

  • des difficultés à s’endormir ;

  • des réveils nocturnes très fréquents (toutes les heures ou deux heures) depuis la naissance ;

  • des pleurs fréquents.

Au repos, la langue doit se trouver collée au palais. Cela permet entre autres d’activer le système vagal propice à la détente. En cas de frein restrictif lingual, la langue ne peut pas se placer au palais. Le bébé ne peut pas se sentir détendu. Il peut se réveiller entre chaque cycle de sommeil.


En cas de frein restrictif labial, la lèvre ne permet pas de maintenir la bouche fermée. Le bébé dort la bouche ouverte. Sa respiration devient bruyante, parfois le bébé ronfle. La cavité buccale s’assèche. Le bébé a donc besoin de boire la nuit fréquemment.


Tensions crâniennes et cervicales associées au frein restrictif


Il est possible aussi que bébé présente des tensions crâniennes et cervicales.

La mâchoire, la langue et le palais sont des composants très importants dans la formation du crâne et de son évolution. Si des restrictions sont présentes, cela peut entraîner des tensions au niveau des muscles, des nerfs. Elles empêchent l’évolution crânienne de se faire correctement :

  • palais creux ;

  • visage allongé, ovale ou dissymétrique ;

  • plagiocéphalie ;

  • torticolis…

Des douleurs peuvent s’associer aux tensions et occasionnent des pleurs fréquents chez le bébé.

Comment faire diagnostiquer un frein de langue restrictif chez votre bébé ?


Bien que la liste des symptômes puisse vous alerter sur la possibilité que votre bébé présente des restrictions buccales, seul un diagnostic posé par un professionnel formé pourra vous le confirmer. Vous pouvez vous adresser à :

  • un chiropracteur ;

  • un ORL ;

  • une consultante en lactation ;

  • des professionnels de la périnatalité.

s' ils ont suivi une formation spécifique complémentaire à leur cursus.


Prise en charge pluridisciplinaire : alternatives à la frénotomie


Rassurez-vous ! Bien que les restrictions buccales aient un impact sur de nombreux maux du quotidien, il n’y a pas de danger immédiat ou de risque mortel. Une prise en charge pluridisciplinaire vous permettra d’améliorer votre quotidien. Ces professionnels vous expliqueront qu’il n’est pas obligatoire de passer par l’étape de la frénotomie (incision partielle du frein) ou freinectomie (ablation totale du frein).


Des exercices de massage et d’étirement autour de la bouche et du frein seront nécessaires avant de pouvoir statuer sur la nécessité de faire une frénectomie. Cet acte souvent controversé ne doit pas être fait de manière automatique. Une prise en charge pluridisciplinaire en amont et en aval est primordiale.


Tummy Time et méthode Guppy pour limiter les effets du frein restrictif.


Il s'agit de deux outils ludiques à utiliser avec bébé pour limiter les effets des restrictions buccales. Le Tummy Time est un temps de jeu sur le ventre. Il permet à bébé de redresser sa tête et de muscler toute la partie haute de son crâne, de la mâchoire jusqu'à la nuque. Allongé au sol, sur un tapis, vous pouvez inviter votre bébé à lever sa tête en agitant un jouet ou une image en noir et blanc. Puis vous lui ferez suivre l’objet des yeux, doucement, de gauche à droite.


Cet exercice dure quelques secondes au départ. Puis, au fur et à mesure, votre bébé va prendre ses aises et poursuivra plus longtemps ce temps de jeu. Répétez plusieurs fois par jour ce type d’exercice. Vous pouvez profiter du moment de l’habillage et du déshabillage également pour boutonner dans le dos.


La méthode Guppy, à l'inverse, permet d'étirer le cou, le bas de la mâchoire et la langue.

Les positions pratiquées sont encore plus utiles en cas de freins restrictifs buccaux. Elles facilitent les exercices d'étirements du frein. Vous pouvez visionner une session de Guppy sur la chaîne YouTube de Au sein en douceur en cliquant ici.


Importance de la détection précoce et de la prise en charge pluridisciplinaire.


En conclusion, vous l’aurez compris, la problématique des freins restrictifs peut avoir un impact sur différents aspects du quotidien de votre bébé. Il peut être synonyme de mal-être ou de souffrance pour votre bébé.


Il est important de connaître son existence. Ainsi, vous pourrez détecter des signes évocateurs de freins de langue ou autres freins restrictifs. Il vous faudra alors contacter un professionnel formé pour faire poser un diagnostic. Il vous aidera à débuter une prise en charge pluridisciplinaire, pour apporter un mieux-être à votre bébé le plus tôt possible.


Ne restez pas seuls face aux problématiques rencontrées avec votre bébé. Il est nécessaire de chercher la cause avant de traiter le symptôme. La prise en charge sera plus efficace et pérenne.


Articlé rédigé par Ophélie Andrieux – Accompagnante postnatale dans l'Eure (27).


Retrouvez Ophélie sur Facebook sur sa page "Mon Petit Kangourou"

Accédez à sa fiche de présentation complète via notre annuaire en ligne.



Sources de l'article :

  • Julie Toutin « En terre de Mères » formations accompagner l’allaitement niveau 1 et 2

  • Caroline De Ville Institut Au sein en douceur accompagnement allaitement et freins restrictifs

  • Aurélie Petitclerc « Chirobliss » formations freins restrictifs pour chiropracteur et professionnels de la santé et périnatalité


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